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La vie de Dilgo Khyentsé Rinpoché
Par Matthieu Ricard

Dilgo Khyentsé Rinpoché, une des cinq incarnations de Jamyang Khyentsé Wangpo, né en 1910, était le quatrième fils de la famille Dilgo, dont le lignage remonte à Trisong Detsen, le grand roi tibétain du IXè siècle. La maison où il vint au monde se trouvait dans la vallée de Denkhok, au Kham, la plus orientale des quatre grandes provinces du Tibet. Le Kham était constitué de nombreux petits royaumes, dont le plus étendu et le plus influent était celui de Dergué. Le grand-père de Khyentsé Rinpoché, Tashi Tséring et plus tard son père, étaient ministres à la cour du roi de Dergué.

Le frère aîné de Khyentsé Rinpoché a été reconnu comme l’incarnation de Sangyé Nyenpa, un grand maître dont le monastère était à Benchen. Même s’il était très religieux, son père dont le premier fils était déjà un moine ne souhaitait pas voir les autres embrasser la vie monastique. Khyentsé Rinpoché raconte : « Alors que ma mère était enceinte de moi, la famille rendit visite à Mipham Rinpoché, un grand lama qui vivait dans un ermitage à une heure de marche de chez nous. Mipham Rinpoché demanda tout de suite si ma mère était enceinte. Mes parents répondirent que oui et demandèrent si ce serait un fils ou une fille. « Ce sera un fils dit Mipham; dès qu’il sera né, il est important que vous m’avertissiez. »

Il tendit à ma mère un cordon de protection et des pilules de Manjoushri, le bouddha de la sagesse, pour le moment de ma naissance. Ce jour-là, avant même que j’aie pu boire une goutte du lait maternel, un lama écrivit sur ma langue dhi, la syllabe germe du mantra de Manjoushri, au moyen des pilules réduites en poudre et mêlées à de l’eau safranée.

Trois jours après, mes parents m’emmenèrent voir Mipham Rinpoché, qui déclara que j’étais un enfant spécial. J’étais né avec de longs cheveux noirs qui descendaient sur mes yeux. Mon père demanda s’il fallait les couper. Mipham Rinpoché répondit que non et les lia lui-même en faisant cinq houppes, à la manière de Manjoushri. À la demande de ma mère il me donna un nom, Tashi Peljor ( Gloire Auspicieuse ) et l’écrivit sur un bout de papier que ma mère garda toujours dans son livre de prières. Un peu plus tard, mes parents m’amenèrent de nouveau à Mipham Rinpoché. Il me donna une initiation de Manjoushri et déclara : « Dans toutes mes vies je prendrai soin de toi. » J’ai le sentiment que cette bénédiction a été l’événement le plus important de mon existence.

Alors que j’avais un an, Loter Wangpo, un grand lama de l’école Sakya, vint nous rendre visite. C’était le disciple le plus avancé de Jamyang Khyentsé Wangpo. Il me bénit, chanta quelques invocations et dit à ma mère : « Cet enfant ne ressemble à aucun autre. » Il me donna une perle du rosaire de Jamyang Khyentsé qu’il portait à son cou. Il me donna aussi une écharpe blanche immaculée. « Cet enfant est l’émanation de mon maître, Jamyang Khyentsé Wangpo. Quand je l’ai vu je n’ai pas eu le moindre doute. »

Comme pour chaque événement d’importance, mon père demanda conseil à Mipham Rinpoché. « Il est encore trop tôt pour reconnaître l’enfant publiquement comme l’incarnation de Khyentsé, dit-il. Cela pourrait créer des obstacles. » Mon père ne me donna donc pas encore à Loter Wangpo. Il ne m’envoya pas non plus au monastère de Dzongsar.

Alors que j’avais deux ans, Mipham Rinpoché mourut et Shéchèn Gyeltsap Rinpoché vint prendre part aux cérémonies funéraires. Pendant son séjour j’allais souvent lui rendre visite. Il expliqua à mon père qu’il fallait m’emmener au monastère de Shéchèn, car je répandrais la doctrine bouddhiste et ferais le bien des êtres. Mon père lui demanda ce qui lui permettait de dire cela. Shéchèn Gyeltsap Rinpoché, généralement peu disert sur ces sujets, répondit qu’il avait vu en rêve la statue de Tséringma, la Protectrice de Longue Vie, qui se trouvait dans notre temple, devenir réellement la déesse et lui dire de prendre soin de l’enfant parce qu’il serait utile à la doctrine. Mon père, qui ne mâchait pas ses mots, lui répondit que si c’était vraiment le cas, il me laisserait partir pour Shéchèn, mais que si c'était juste pour occuper un trône du monastère et être mêlé aux intrigues ecclésiastiques, il n’en était pas question. Gyeltsap Rinpoché l’assura que je serais réellement utile à la doctrine et aux êtres, et mon père accepta de me laisser partir. Mais j’étais encore trop jeune pour aller à Shéchèn. »

Lorsque la famille alla en pèlerinage, d’autres grand lamas tels que Takloung Matrul et Adzom Droukpa dirent que l’enfant devait être la réincarnation d’un lama. Mais son père ne voulait pas le laisser devenir un lama. Il avait une grande famille, un domaine et de nombreuses terres. Voici ce que Khyentsé Rinpoché nous dit:

« Cette même année je me suis ébouillanté. L’été, la saison agricole la plus active sur notre domaine, on faisait cuire la soupe dans d’immenses chaudrons pour nourrir les nombreux travailleurs supplémentaires. Un jour que je jouais avec mon frère, je suis tombé dans l’un d’eux. La partie inférieure de mon corps portait des brûlures si graves que je suis resté au lit, très malade, pendant de nombreux mois, malgré toutes les prières de longue vie de ma famille.

Mon père, désespéré, me demanda : « Selon toi, quelles sont les cérémonies qui t’aideraient à guérir? S’il y a une chose qui peut te sauver la vie, il faut la faire! »

Comme ce que je désirais le plus, c’était de devenir moine, je lui répondis : « Porter la robe de moine m’aiderait. » Mon père fit rapidement coudre quelques robes et je les étalai sur le lit dans lequel j’étais couché. J’étais transporté de joie. Je mis aussi sur mon oreiller une cloche et un petit tambour.

Le lendemain, je demandai à Lama Eusel de venir me tondre la tête. On m’a dit que ce jour-là, quelques-uns de nos vieux serviteurs avaient pleuré : « Maintenant que le dernier des Dilgo a pris les vœux, il n’y aura plus de descendants! » Mais moi, j’étais tellement heureux que ma santé s’améliorait et que le risque de mourir prématurément devenait de moins en moins probable. J’avais dix ans. »

Au nord de Dergué se trouve Shéchèn, l’un des six principaux monastères de l’école Nyingma. C’est là que Shéchèn Gyeltsap Rinpoché ( 1871-1926 ), un proche disciple de Jamyang Khyentsé Wangpo ( 1820-1892 ), reconnut formellement le jeune Dilgo Khyentsé et l’intronisa, à l’âge de douze ans, comme l’une des cinq incarnations de ce lama hors du commun. Écoutons Khyentsé Rinpoché raconter lui-même les années d’enchantement qu’il passa en compagnie de ses maîtres :

« À notre arrivée, le serviteur de Gyeltsap Rinpoché nous accueillit avec des écharpes de bienvenue. Il nous dit que Gyeltsap Rinpoché souhaitait attendre une date favorable pour me voir, puisque c’était la première fois que j’allais le rencontrer à Shéchèn. Quant à Shédroup, ce n’était pas sa première visite, il pouvait venir quand il voulait.

Nous avons attendu trois jours avant de recevoir un signe. Pour moi, dont c’était la première rencontre avec mon maître, cela parut très long. Enfin, on nous conduisit dans la résidence où il était en retraite. Gyeltsap Rinpoché ne portait pas les habits monastiques, mais une veste jaune doublée de fourrure. Comme il quittait rarement son ermitage, il laissait ses cheveux longs, frisés aux extrémités, retomber sur ses épaules. On nous fit asseoir et on nous offrit du riz safrané. Gyeltsap voulait tout savoir des maîtres que Nyenpa Rinpoché avait rencontrés et des enseignements qu’il avait reçus. Nyenpa Rinpoché parla pendant trois heures.

L’ermitage de Gyeltsap Rinpoché était perché à flanc de montagne, à quarante-cinq minutes de marche au-dessus du monastère de Shéchèn. Le chemin qui y montait était raide, et glissant de surcroît pendant la saison des pluies. De la fenêtre on voyait le monastère et la rivière, en bas dans la vallée, entourés de montagnes couvertes de neige pendant la majeure partie de l’année.

Gyeltsap Rinpoché était sans conteste l’un des lamas les plus érudits et accomplis de son temps. Une fois, il commença une retraite de trois ans, mais après seulement trois mois, à la surprise générale, il reparut et déclara qu’il avait terminé son programme. Le lendemain matin, son serviteur remarqua qu’une empreinte de pied était apparue sur la pierre d’entrée de l’ermitage. Cette pierre fut ensuite enlevée, puis cachée pendant la Révolution culturelle. De nos jours encore, on peut la voir au monastère de Shéchèn.

Le monastère abritait plus de deux cents moines. Leur abbé était Shéchèn Rabjam Rinpoché, un autre de mes principaux maîtres; c’était lui qui instruisait les moines et leur donnait les initiations. Il allait aussi dans d’autres monastères, parfois jusqu’au Tibet central.

Il y avait à Shéchèn un troisième grand lama, Shéchèn Kongtrul. Son ermitage se trouvait sur une autre avancée rocheuse à flanc de montagne, séparé de celui de Shéchèn Gyeltsap par un torrent. C’était un endroit délicieux avec des prairies tapissées de fleurs jaunes en été et une épaisse forêt de pins où l’on trouvait des champignons exquis. Shéchèn Kongtrul était un grand méditant. Comme Shéchèn Gyeltsap, il ne prenait aucune part à l’administration du monastère, qui était le domaine de Shéchèn Rabjam.

Les mois suivants, Shéchèn Gyeltsap nous donna tous les enseignements les plus importants de la tradition Nyingma. Au cours des initiations, j’étais souvent bouleversé par la magnificence de son expression et de ses yeux au moment où il montrait la nature de l’esprit et pointait du doigt dans ma direction. J’avais l’impression que, si ce n’était ma faible dévotion qui me le faisait voir comme un homme ordinaire, il ne différait en rien du grand Padmasambhava en train d’initier ses vingt-cinq grands disciples. Ma confiance ne cessait de croître et quand, à nouveau, le doigt pointé, il me fixait du regard en disant : « Quelle est la nature de l’esprit? », je pensais avec une grande dévotion : « Voilà vraiment un grand yogi capable de voir la nature absolue du réel! » et je commençais à comprendre, moi aussi, comment méditer. À ma seconde visite à Shéchèn, je fus ordonné novice par Shéchèn Gyeltsap. »

Avant de rencontrer Shéchèn Gyeltsap, Khyentsé Rinpoché étudia pendant plusieurs mois la philosophie bouddhiste avec un grand érudit nommé Khenpo Shenga. Il reçut de lui des enseignements détaillés sur La Voie du bodhisattva et la philosophie du Madhyamika ( la voie médiane ).

C’est à Shéchèn que Khyentsé Rinpoché rencontra Jamyang Khyentsé Cheukyi Lodreu, qui était venu pour recevoir les enseignements de Shéchèn Gyaltsap.

« À la fin des enseignements, Shéchèn Gyaltsap m’intronisa comme l’incarnation de l’esprit de Jamyang Khyentsé Wangpo. Khyentsé Wangpo eut cinq incarnations, appelée respectivement émanations de son corps, de sa parole, de son esprit, de ses qualités et de son activité. Khyentsé Cheukyi Lodreu était l’émanation de son activité.

Le matin de l’intronisation, je fis l’ascension jusqu’à l’ermitage. À l’intérieur, on avait préparé un grand trône. Shéchèn Kongtrul, qui était encore jeune, tenait de l’encens dans sa main et Shéchèn Gyeltsap avait mis ses plus beaux habits. Ils me demandèrent de prendre place sur le trône. Il n’y avait que quelques personnes dans la salle. Shéchèn Gyeltsap conduisit la cérémonie et me tendit des objets symbolisant les corps, parole, esprit, qualités et activité des bouddhas. Puis, il me donna aussi un document sur lequel on pouvait lire :

« Aujourd’hui je prends en charge le fils de la famille Dilgo et le reconnais comme la réincarnation de Jamyang Khyentsé Wangpo. Son nom sera Gyourmé Tekchok Tenpé Gyeltsen

( Immuable Bannière de Victoire de la Voie Suprême ). Je lui confie les enseignements des grands maîtres du passé. À présent, si je meurs je n’aurai aucun regret. »

Tels furent, entre autres, les événements que je vécus à Shéchèn auprès de Shéchèn Gyeltsap, pendant à peu près cinq ans. Durant cette période, je n’étais pas au monastère même mais au centre de retraite en haut de la colline.

Puis je revins dans ma famille et passai un an en retraite dans une grotte. Pendant l’hiver, sans sortir de ma retraite, je fis demander au savant Khenpo Thoupga de venir m’enseigner en détail le Tantra de la quintessence secrète. Il me l’expliqua trois fois et j’appris par cœur à la fois le texte et son commentaire de 300 pages écrit par Longchenpa.

Un peu plus tard, j’allai à Kyangma Ritreu où vivait Khenpo Thoupga. Il n’y avait aucun monastère ni bâtiment, seulement des tentes. C’est là que j’ai appris par une lettre de mon père le décès de Shéchèn Gyeltsap. J’avais 15 ans. Pendant un moment je restai abasourdi. Puis, soudain, le souvenir de mon maître m’envahit avec une telle force que je me mis à pleurer. J’avais l’impression qu’on m’arrachait le cœur. Je retournai à Denkhok et commençai une longue retraite dans les montagnes, qui allait durer 13 ans. »

Khyentsé Rinpoché nous parle de l’importance de suivre un maître spirituel :

« Le cristal prend la couleur du support sur lequel on le pose, qu’il soit blanc, jaune, rouge, ou noir. De façon analogue, la direction que prendront votre vie et votre pratique sera pour une grande part déterminée par l’influence de ceux qui vivent avec vous, que cette influence soit positive ou négative.

Passer votre temps avec d’authentiques amis spirituels vous emplira d’amour pour tous les êtres et vous aidera à voir combien l’attachement et la haine sont négatifs. Vivre avec de tels amis et suivre leur exemple vous imprégnera naturellement de leurs qualités, de la même façon que les oiseaux qui volent autour d’une montagne d’or baignent dans sa lumière dorée.

Pour vous libérer du samsara, le cercle vicieux de renaissances, et atteindre l’Éveil, vous devez vous appuyer sur un maître authentique. Un tel maître pense, parle et agit continuellement en accord avec l’Enseignement. Il vous montre ce qu’il faut faire pour progresser sur la Voie et quels sont les obstacles à éviter. Un vrai maître spirituel est comme la voile qui permet au bateau de traverser rapidement la mer.

Si vous vous fiez à ses paroles, vous trouverez facilement le chemin qui mène hors du samsara. C’est pourquoi le maître est considéré comme si précieux. Vous ne pouvez atteindre l’Éveil en suivant vos propres idées : chacun des stades de votre pratique nécessite les explications d’un maître qualifié.

Il est dit que les bouddhas du passé, du présent et du futur ont atteint ou atteindront tous l’Éveil en suivant un maître. »

Khyentsé Rinpoché était le modèle même du maître spirituel, un être que le voyage intérieur avait conduit à une profondeur de connaissance hors du commun et qui était devenu, pour tous ceux qui l’approchaient, une fontaine d’amour, de sagesse et de compassion. Pour réaliser ces extraordinaires qualités, Khyentsé Rinpoché passa la plus grande partie des 13 années suivantes en retraite silencieuse. Dans les grottes et les ermitages solitaires, sur les pentes abruptes des collines boisées de la vallée de Denkhok qui l’avait vu naître, il médita continuellement sur l’amour, la compassion et le désir de mener tous les êtres à l’Éveil et à la délivrance. Il nous raconte lui-même ces années :

« Je pratiquais très tôt le matin, avant l’aube, jusqu’à midi; puis du début de l’après-midi jusque tard dans la nuit. À midi, je lisais mes livres à voix haute pour les apprendre par cœur. Je passai sept ans dans la grotte de l’Ermitage du Rocher, trois ans au Bosquet Blanc et quelques mois de-ci de-là dans d’autres grottes ou cabanes, entouré d’épaisses forêts et de montagnes couvertes de neige. Ma grotte avait une échelle, mais pas de porte, et de petits ours venaient souvent grogner près de l’entrée. Mais ils ne pouvaient monter à l’échelle. Dehors, dans la forêt, il y avait des renards et toutes sortes d’oiseaux. Pas très loin vivaient aussi des léopards. Un jour ils attrapèrent un petit chien qui me tenait compagnie. Il y avait un coucou, qui me servait de réveil. Dès que je l’entendais, vers trois heures du matin, je me levais et commençais une séance de méditation. À cinq heures je me faisais du thé, ainsi je n’avais pas besoin de voir quelqu’un avant midi. Le soir, je laissais le feu s’éteindre lentement; le matin, les braises étaient encore chaudes. Je ravivais le feu et faisais du thé dans ma grande et unique casserole, sans quitter mon siège, juste en me penchant. J’avais beaucoup de livres. La grotte était spacieuse, assez haute pour que je puisse me tenir debout sans me cogner la tête, mais un peu humide. Comme la plupart des grottes, elle était fraîche en été et gardait un peu de chaleur en hiver.

Dans la grotte de l’Ermitage je passai sept années sans sortir. Mes parents venaient me voir de temps en temps. J’avais 16 ans quand j’ai commencé cette retraite. Je restais continuellement assis dans une caisse de bois, en étirant mes jambes au-dehors de temps à autre. Shédroup, mon frère aîné et mon maître de retraite, me disait que si je ne sortais pas de temps en temps je finirais un peu fou; mais je n’éprouvais pas le moindre désir de quitter la grotte. Shédroup était en demi-retraite dans une cabane près de là. Il avait un serviteur, qui allait régulièrement chercher des provisions chez nous, à trois heures de cheval. Ce dernier était encore vivant à mon retour d’exil, en 1985, et j’ai pu le rencontrer.

Pendant cinq ou six ans je m’abstins de viande, et pendant trois ans je ne prononçai pas un seul mot. Après le déjeuner, je me détendais un peu et étudiais quelques livres; je ne perdais jamais mon temps à ne rien faire. Shédroup m’encourageait souvent à composer des prières, des chants ou des poèmes, pour m’entraîner à écrire. Je trouvais cela facile, et à la fin de cette période j’avais écrit environ 1 000 pages. Mais plus tard, quand je m’enfuis du Tibet, tout fut perdu.

Cette grotte donnait une impression de clarté et mon esprit n’y était pas distrait. Je laissais mes cheveux pousser très longs. Quand je pratiquais la « chaleur intérieure », je ressentais une chaleur intense. Jour et nuit, malgré le froid glacial, j’étais assis sur une peau d’ours, vêtu seulement d’un châle blanc et d’une robe de soie sauvage. Dehors, tout était gelé, mais dans la grotte il faisait chaud. Plus tard je m’installai au Bosquet Blanc. Je m’y construisis une cabane en bois avec une petite fenêtre. » Son épouse, Khandro Lhamo, nous dit :

« Rinpoché ne s’allongeait pas la nuit; il dormait assis dans sa caisse en bois. Le soir, après le dîner, il commençait à méditer et ne parlait plus jusqu’au déjeuner du lendemain. À l’heure du repas, son frère m’appelait et on mangeait ensemble en bavardant un peu. Aussitôt après, Rinpoché commençait une nouvelle séance de méditation et ne voyait plus personne jusqu’au soir. Au Bosquet Blanc, il est resté trois ans en retraite. C’était après la naissance de Chimé, notre petite fille. Même après une retraite, Rinpoché ne restait dans sa famille qu’une semaine ou deux chaque fois. Ensuite, il retournait dans son ermitage. »

Sa retraite terminée à l’âge de vingt-huit ans, Khyentsé Rinpoché resta de nombreuses années avec Khyentsé Cheukyi Lodreu ( 1896-1959 ) que l’on tenait, lui aussi, pour une incarnation de Khyentsé Cheukyi Wangpo. Il considérait Cheukyi Lodreu comme son second maître principal. Après avoir reçu de lui les initiations du Recueil des trésors révélés, il lui confia qu’il souhaitait passer le reste de sa vie en retraite solitaire. Mais la réponse de Cheukyi Lodreu fut nette : « Ton esprit et le mien sont identiques, lui dit-il, le moment est venu pour toi d’enseigner et de transmettre aux autres les innombrables enseignements que tu as reçus. » De ce jour, Khyentsé Rinpoché travailla sans relâche pour le bien des êtres avec l’énergie infatigable qui caractérise la lignée des Khyentsé. Il nous parle du temps qu’il passa à Dzongsar :

« Khyentsé Cheukyi Lodreu était, lui aussi, un révélateur de trésors. Un jour il me dit : « Tu dois découvrir de nombreux trésors pour être utile aux autres. Hier soir, j’ai fait un rêve. Je voyais une multitude de bouddhas, de bodhisattvas, des nuages qui avaient l’apparence des huit signes de bon augure et diverses autres formes. De ces nuages tombait une abondante pluie de nectar qui aidait les êtres. Tu dois répandre les enseignements de tes trésors. » Il me demanda de lui donner l’initiation de certains de ces trésors, ce que je fis. »

Dans une de ses visions de trésors, Khyentsé Rinpoché vit le mandala complet d’Amitayus, le bouddha de longue vie apparaître à la surface d’un lac, au Tibet oriental. À la suite de cette vision, il écrivit un volume entier d’enseignements et de pratiques spirituelles. En tout, les trésors révélés par Khyentsé Rinpoché occupent cinq volumes.

Cheukyi Lodreu demanda à Khyentsé Rinpoché d’aller dans la province de l’Amdo transmettre le Recueil des trésors révélés. À Rékong, pendant quatre mois, Rinpoché a donné les initiations du Recueil des trésors révélés à 1 900 yogis. Khyentsé Rinpoché rencontra et étudia auprès de 120 maîtres de toutes les écoles tibétaines.

À la fin des années 1950, la mainmise des Chinois sur le Tibet se transforma rapidement en invasion militaire de grande envergure, surtout à l’est, dans le Kham. Khyentsé Rinpoché et sa famille fuirent de justesse au Tibet central laissant tout derrière eux, y compris les précieux livres de Rinpoché et la plupart de ses écrits. Ils se rendirent ensemble en pèlerinage à U et à Tsang. Puis, Rinpoché passa six mois devant la statue de Jowo, le bouddha couronné, a faire 100 000 offrandes symboliques de l’univers. Comme une épidémie dévastait Lhassa, il fit également de nombreuses prières et cérémonies pour les malades et les mourants, sans prêter attention aux conseils des siens qui craignaient qu’il ne fût contaminé. Pendant cette épidémie, sa mère et son frère Shédroup moururent.

De Tsourphou, le siège du Karmapa, jusqu’au nord ouest de Lhassa, Khyentsé Rinpoché, sa famille et quelques disciples prirent la décision de s'exiler. Ils atteignirent la frontière bhoutanaise avec presque plus rien à manger. Le gouvernement bhoutanais les accueillit. Arrivés à un endroit appelé Wangdi, quelqu’un entendit à la radio que Khyentsé Cheukyi Lodreu venait de mourir au Sikkim. Dilgo Khyentsé Rinpoché avait alors 49 ans. Il est parti directement au Sikkim assister à la crémation de Cheukyi Lodreu. Il a aussi rencontré d’autres grands lamas dans la région, comme Dudjom Rinpoché à Kalimpong et Kangyour Rinpoché, et il a échangé des enseignements avec eux.

À la demande de la famille royale, Khyentsé Rinpoché s’installa au Bhoutan, comme professeur dans une école près de Thimphou, la capitale. Mais bien vite, sa réalisation intérieure attira de nombreux disciples, et au fil des années il devint le maître bouddhiste le plus important du pays, révéré par tous, du roi au plus humble fermier.

Le Bhoutan est un royaume montagneux resté insoumis et indépendant depuis l’époque où le bouddhisme Vajrayana y a été introduit par Padmasambhava au VIIIè siècle, par Péma Lingpa, le révélateur de trésors bhoutanais au XVè siècle, et enfin par Shabdroung Ngawang Namgyel, le très influent maître bhoutanais au XVIIè siècle. La culture bouddhiste a pu s’y épanouir sans obstacles et ses valeurs sont profondément ancrées dans l’esprit de ses habitants. Chaque colline porte son petit temple entouré de drapeaux de prières qui claquent au vent. Les torrents font tourner jour et nuit des moulins à prières. Montagnes et forêts sont parsemées d’ermitages où des gens se consacrent à la méditation.

Trois à quatre fois par an, Khyentsé Rinoché effectuait de grandes cérémonies d’une à deux semaines appelées droupchen ( grand accomplissement ), qui se poursuivaient jour et nuit sans interruption. Une fois, Khyentsé Rinpoché passa deux semaines dans la grotte de la Tanière du Tigre, à Paro, où il fit l’offrande de 100 000 lampes et donna de nombreux enseignements et initiations. Jigmé Lingpa, le grand maître du XVIIIè siècle, lui apparut à cette occasion. Il mit sa main sur la tête de Khyentsé Rinpoché et lui dit : « Tu es l’héritier de mon enseignement, L’Essence du cœur de l’immensité ( Longchen nyingtig ). Tu peux en faire ce que bon te semble. » Il lui dit aussi que pour maintenir la paix au Bhoutan et assurer la préservation de la doctrine bouddhiste, il devrait construire quatre grands stoupas contenant chacun 100 000 stoupas miniatures. Ce qui fut fait.

Après sa fuite du Tibet et son arrivée en Inde, Khyentsé Rinpoché devint l’un des principaux maîtres du Dalaï Lama. Il avait rencontré ce dernier à plusieurs reprises à Lhassa. Peu de temps après l’arrivée de Khyentsé Rinpoché en Inde, tous les principaux lamas des quatre écoles du bouddhisme tibétain se réunirent à Dharamsala, le siège du Dalaï Lama en Inde, afin de prier pour sa longue vie et discuter de la préservation du bouddhisme tibétain en exil. On demanda aux écoles Nyingma, Sakya et Kagyu de choisir chacune un représentant pour offrir un mandala symbolique de l’univers au Dalaï Lama. Dans de telles occasions, celui qui fait l’offrande commence par un long discours savant dans lequel il décrit l’univers selon la cosmologie traditionnelle ainsi que les principes fondamentaux de l’histoire et de la doctrine bouddhistes. En général, l’érudit commence à composer son texte quelques semaines auparavant pour pouvoir le lire le jour venu, mais lorsqu’on demanda à Khyentsé Rinpoché de faire un discours, il ne restait plus qu’un jour avant la réunion. Néanmoins, il accepta sans se formaliser. Un des érudits eut pitié de lui. Il lui apporta un livre où figurait un discours similaire et lui suggéra de l’étudier ou de le lire à voix haute le lendemain. Khyentsé Rinpoché le remercia poliment, mais il mit le volume sur sa table, reprit la conversation qu’il avait commencée avec ses visiteurs et alla se coucher.

Le lendemain, au moment convenu pour prendre la parole devant le Dalaï Lama et la savante assemblée, Khyentsé Rinpoché se leva, ouvrit le livre pour la première fois et, tout en le tenant à la main sans tourner les pages, fit un discours extrêmement érudit qui dura deux heures. À la fin, il offrit les huit signes de bon augure au Dalaï Lama, et on entendit un coup de tonnerre au moment où il prit la conque dans ses mains.

Tous étaient stupéfaits de la science de Khyentsé Rinpoché, qui devint célèbre parmi la communauté tibétaine en Inde. Le lendemain, au moment où il faisait ses adieux au Dalaï Lama, celui-ci lui dit : « C’était un bon signe, ce coup de tonnerre, n’est-ce pas? »

Par la suite le Dalaï Lama fit venir Khyentsé Rinpoché de nombreuses fois dans sa résidence à Dharamsala. Au fil des années, Khyentsé Rinpoché lui offrit la plupart des grands enseignements de la tradition Nyingma. Voici ce que Sa Sainteté dit à propos de Khyentsé Rinpoché :

« Khyentsé Rinpoché était, parmi mes maîtres, l’un de ceux que je vénérais le plus. Depuis notre première rencontre, je reçus des signes très clairs, que nous avions une sorte de lien karmique particulier. C’est alors que j’ai commencé à recevoir ses enseignements. Aujourd’hui, j’éprouve envers lui une immense gratitude pour toute l’aide qu’il m’a apportée. Il était de toute évidence un grand érudit et un grand pratiquant, sans parler de ses qualités cachées. J’appréciais tout particulièrement son attitude profondément ouverte. Malgré son grand renom et ses nombreux disciples, Khyentsé Rinpoché était toujours aimable et humble. Il est vrai qu’on ne l’entendit jamais dire quoi que ce soit qui blessât ou fît souffrir les autres. C’est très remarquable. Le Bouddha a expliqué très en détail les qualités d’un maître authentique. Toutes ces qualités, je les ai retrouvées en Khyentsé Rinpoché. »

Chacune des réalisations de Khyentsé Rinpoché suffirait à occuper un vie entière. Il passa 20 ans à pratiquer en retraite et plus d’un demi-siècle à donner d’étonnants enseignements plusieurs heures par jour; il écrivit 25 volumes de textes et supervisa d’innombrables projets pour la préservation et la propagation des enseignements et de la culture bouddhistes; bref, il traduisit infatigablement en actes toute une vie consacrée à l’enseignement du Bouddha.

Sa connaissance de l’immense corpus de la littérature bouddhiste n’avait probablement pas d’égale. Il avait hérité de Jamyang Khyentsé Wangpo la détermination à préserver et rendre disponibles les textes de toutes les traditions, en particulier ceux qui risquaient de disparaître. Au temps de Khyentsé Rinpoché c’est l’héritage entier du Tibet qui était menacé d’extinction par l’invasion chinoise et la Révolution culturelle.

Dans des milliers de monastères, un nombre incalculable d’ouvrages furent systématiquement détruits et, dans leur fuite hasardeuse et précipitée, peu de lamas et d’érudits parvinrent à sauver leurs livres. Souvent, quand ils arrivaient en Inde, ils n’avaient plus pour bagage que les vêtements avec lesquels ils s’étaient levés le matin. Dans la plupart des cas, cependant, les textes survécurent, ne fût-ce qu’en un ou deux exemplaires. De nos jours encore, des ouvrages considérés comme perdus continuent de resurgir. Il y a 20 ans commença la réédition de la quasi-totalité de la littérature tibétaine. Elle prit peu à peu de l’ampleur avec l’apport de nouveaux fonds et de main-d’œuvre bénévole. Au fil des années, Khyentsé Rinpoché lui-même prépara et publia d’importants textes, et parvint à sauver près de 300 volumes.

Ses propres écrits, qui souvent complètent ou éclairent les œuvres des maîtres du passé, constituent une véritable encyclopédie de pratiques, de commentaires, de prières, de poèmes et de conseils. Rinpoché n’était pas seulement un grand érudit. De toute évidence, ce qu’il considérait comme le plus important et ce qui lui procurait le plus de satisfaction, c’était que les enseignements qu’il avait préservés, publiés, mais aussi pratiqués, réalisés et transmis soient mis en pratique par les autres.

Il consacrait à l’enseignement ses moindres moments disponibles et répondait infatigablement à tous ceux qui demandaient à être instruits ou guidés. Parfois il enseignait toute la journée pendant des mois, devant une douzaine de personnes, ou aussi bien plusieurs milliers. Mais même après des journées si bien remplies, il répondait encore aux requêtes individuelles, et jusque tard dans la nuit instruisait une personne ou un petit groupe. Lors des longues cérémonies qui duraient toute la journée, au moment de la pause de midi il prenait rapidement son repas et utilisait chaque minute restante pour expliquer à quelqu’un certaines pages d’un texte de méditation ou d’un commentaire philosophique

Tout le monde était frappé par sa façon extraordinaire d’enseigner. Consultant peu le texte qu’il avait sous les yeux, il parlait sans effort, à un rythme régulier, sur un ton égal, sans emphase, en un flot continu, sans pause ni hésitation, comme s’il lisait un livre invisible ouvert dans sa mémoire. Aussi étonnant que ce fût, le sujet était toujours traité de façon équilibrée du début à la fin, exactement dans le temps prévu, et correspondait précisément à la capacité de compréhension des auditeurs. Dans sa bouche, quelques mots très simples pouvaient ouvrir la porte à une succession de découvertes spirituelles.

Où qu’il fût, Khyentsé Rinpoché se levait bien avant l’aube et passait plusieurs heures à prier et méditer avant de s’engager dans un flot ininterrompu d’activités jusque tard dans la nuit. Chaque jour il s’acquittait d’une énorme quantité de travail avec une totale sérénité et sans le moindre effort apparent.

Il était profondément doux et patient, mais la dimension de son esprit et sa présence physique impressionnante inspiraient à la fois crainte et respect. Avec ses disciples proches et ses serviteurs il pouvait être extrêmement strict; il savait qu’une discipline sévère affermit l’élève. Envers les visiteurs ou ceux qui ne lui étaient pas dévoués il n’avait jamais de mots durs, mais avec ses disciples il était inflexible et ne laissait jamais passer une attitude, une parole ou une pensée mesquines. Ceux qui vivaient près de lui voyaient qu’à l’évidence il percevait toute hypocrisie, tout faux-semblant. Bien que le bouddhisme enseigne que notre propre esprit est notre meilleur témoin, la présence bienveillance mais imposante de Rinpoché exerçait une influence très forte sur ses disciples et ne leur laissait pas le loisir de tomber dans la distraction.

Au début de 1991, alors que Khyentsé Rinpoché enseignait à Bodhgaya, il montra des signes de maladie. Il termina néanmoins son programme, se rendit à Dharamsala et, sans difficultés apparentes, donna pendant un mois au Dalaï Lama les initiations importantes que ce dernier lui demandait depuis plusieurs années. À son retour au Népal au début du printemps, il devint clair que sa santé se détériorait inexorablement. Il passait une grande partie de son temps en prière ou en méditation, consacrant seulement quelques heures par jour à ceux qui avaient le plus besoin de le voir. Il avait projeté de se rendre une quatrième fois au Tibet, au monastère de Shéchèn, mais il dut y renoncer. Il décida plutôt de faire une retraite de trois mois et demi en face de la Tanière du Tigre, au Bhoutan, un des lieux les plus bénis par Padmasambhava.

Après sa retraite, il semblait en meilleure santé. Il rendit visite à quelques-uns de ses disciples qui étaient en retraite et leur parla du maître ultime, au-delà de la mort et de toute manifestation physique. Mais peu après il montra à nouveau des signes de maladie. Pendant 12 jours il ne put ni manger ni boire. Le 27 septembre 1991, au crépuscule, il demanda à ceux qui étaient près de lui de l’aider à s’asseoir droit et entra dans un sommeil paisible. Aux premières heures du matin sa respiration cessa, et son esprit se fondit dans l’espace absolu.

C’est ainsi que prit fin la vie extraordinaire de Khyentsé Rinpoché, une vie que, depuis son plus jeune âge, il avait entièrement consacrée à apprendre, à pratiquer et à enseigner. Où que ce fût, de jour comme de nuit, dans un même flot de bonté, d’humour, de sagesse, de dignité, il voua toute son énergie à la préservation et à la pratique de l’enseignement bouddhiste sous toutes ses formes.

À la requête de ses disciples du Tibet et du monde entier, son corps fut préservé pendant un an par des méthodes d’embaumement traditionnelles. Puis, du Bhoutan, on l’amena au monastère népalais de Shéchèn, où on le laissa plusieurs mois pour permettre à davantage de gens de lui rendre hommage. Chaque vendredi ( le jour de son décès ), pendant les sept premières semaines, la communauté tibétaine et les moines unirent leurs efforts pour faire l’offrande de 100 000 lampes sur le stoupa de Bodhnath, près du monastère de Shéchèn.

Enfin, en novembre 1992, son corps fut incinéré près de Paro, au Bhoutan, au cours d’une cérémonie de trois jours à laquelle assistèrent plus d’une centaine de grands lamas, la famille royale et les ministres, 500 disciples occidentaux et une foule de quelque 50 000 personnes. Un événement sans précédent dans l’histoire de ce pays.

Il existe de nombreux grands hommes ou femmes, mais leur génie particulier dans une science ou dans une autre ne fait pas d’eux, pour autant, de bons humains. La grandeur de Khyentsé Rinpoché, elle, était parfaitement à l’unisson de ce qu’il enseignait. Si insondable que fût la profondeur de son esprit, d’un point de vue ordinaire il était également un être humain remarquable. Ceux qui ont vécu avec lui, même longtemps, disent qu’ils n’ont jamais été témoins d’une seule parole ou d’un seul geste blessants envers qui que ce fût. Son unique souci était de faire le bonheur temporaire et ultime d’autrui. Il était l’image vivante de ce que l’on atteint au bout de la voie spirituelle, et la meilleure source d’inspiration possible pour quiconque désire accomplir son voyage vers l’Éveil.

De «Rabsel» numéro 5
Publications Shéchèn
Ainsi que de L’Esprit du Tibet

Pour de plus amples informations sur la vie de Dilgo Khyentsé Rinpoché

Matthieu Ricard, L’Esprit du Tibet, éditions Seuil.
Traduit de l’anglais et du tibétain par le
Comité de traduction Padmakara

Dilgo Khyentsé Le Trésor du Cœur des Êtres Éveillés
Traduit du tibétain par le Comité de traduction Padmakara

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